Enchantée Guillaume! Faisons connaissance, qui es-tu?
Qui je suis? Eh bien, je suis un vieil artiste de cirque, maintenant à la retraite. J’ai eu une carrière pendant 20 ans comme acrobate, notamment au Cirque du Soleil. J’ai également travaillé dans des cabarets en Allemagne, j’ai fait Broadway… Et, entre-temps, j’ai aussi co-fondé le Monastère, qui est un organisme de discussion pour les arts du cirque, discussion et production.
Il y a deux ans, j’ai décidé de lancer un nouveau projet qui s’appelle « Prod.G ». Avec Prod.G, ce que je suis en train de faire, c’est développer de nouveaux projets artistiques, chose que j’étais rendu limité à faire dans mon autre organisme. Je pense que ma crise de la quarantaine est passée par là. En fait, mon nouveau mantra, c’est « Si ce n’est pas le fun, on n’y va pas ». Ce que je voulais faire avec Prod. G, c’était créer du plaisir pour le client, mais aussi pour moi. J’ai une bonne équipe autour de moi, on est désormais rendu.e.s presque 8. Je pense que je suis en train de rentrer dans l’hypercroissance. C’est un beau problème, mais ça reste un problème. C’est donc ce qui rythme mon quotidien en ce moment.
En plus de cela, je suis toujours à la recherche de nouveaux projets ; je repars au Mexique pour faire du démarchage. J’ai rencontré des producteurs mexicains dans 4 différentes villes pour faire des collaborations. En réalité, mes 20 ans de carrière, c’était à l’international donc tout mon réseau est à l’international, je n’ai presque rien au Québec. Mais mon réseau au Québec je l’ai construit à travers le Monastère à l’époque. Donc quand j’ai lancé ma nouvelle compagnie, j’avais au moins l’avantage que les gens me connaissaient de mon autre organisme. Mon but à l’époque, c’était d’amener Monastère à l’international, qui est ma force. Mais, on n’avait pas les mêmes envies avec ma partenaire donc j’ai dit « moi j’y vais! »
Comment est né Prod.G? Peux-tu nous parler de son histoire et de sa mission?
C’est un projet quasiment personnel. Dans « Prod.G », il y a la lettre G ; on peut l’interpréter comme on veut, mais à la base, il y a quand même un lien avec Guillaume. C’était un jeu de mots, surtout en anglais pour les « prodiges », pour offrir aux prodiges du cirque contemporain une nouvelle scène.
C’est vraiment de là que c’est parti. Montréal étant le berceau du cirque ou la capitale du cirque, il y a vraiment une grosse communauté, un gros bassin d’artistes ici et ce sont vraiment des prodiges. C’est véritablement un travail de moine : on travaille pendant 5 ans à monter un numéro qui dure 5 minutes. Et après tu fais ta vie avec ça. Je voulais aussi redonner un peu à ma communauté du cirque.
Dans ma crise de la quarantaine, je me dis que je suis rendu retraité, mais je pense que j’ai beaucoup à offrir artistiquement à des artistes de la relève pour leur donner le petit coup de pouce dont ils ont besoin pour lancer leur carrière.
On fait aussi beaucoup d’événements corporatifs. Je travaille en parallèle sur de grosses productions que j’essaie d’amener à terme pour, possiblement, 2027 dans mon objectif final. J’écris un spectacle, c’est ça que je veux.

Moi j’aime ça, les défis. Me faire dire non, je m’en fous. Je me mettais à aller cogner à d’autres portes. Je ne vois même pas ça négativement. J’en ai eu quelques-uns des « non », mais généralement quand je « pitchais » mes projets, que je parlais de mon expérience, j’ai rarement eu des refus.
Pourquoi l’entrepreneuriat?
J’avais cette conversation-là avec quelqu’un cette semaine. On m’a dit « tu es un artiste »; oui, mais j’ai dû construire une carrière. Une carrière, ça se construit comme l’entrepreneuriat. Construire une carrière ou construire une entreprise, c’est la même chose. Je l’ai fait pour moi, je l’ai fait avec une équipe, ça s’est fait naturellement.
Je ne sais pas si c’est pertinent, mais je suis né en Beauce, qui est la capitale de l’entrepreneuriat au Québec. Ce que j’ai appris, je l’ai appris par moi-même. Pendant longtemps j’ai été autodidacte.
Quelles sont tes forces comme entrepreneur? Et qu’est-ce que tu veux travailler?
Mes forces comme entrepreneur sont d’abord ma vision et ma capacité à créer des projets qui se démarquent, autant sur le plan artistique que dans la façon de les rendre concrets. Je suis aussi très à l’aise pour bâtir des relations, rassembler des partenaires et mobiliser une équipe autour d’un objectif commun. Enfin, j’ai une grande résilience, je suis capable d’avancer malgré l’incertitude, de m’adapter rapidement et de trouver des solutions quand ça se complique.
Ce que je veux travailler, c’est surtout la structuration et la gestion de la croissance, mieux déléguer, consolider les processus internes et maintenir un rythme durable pour moi et l’équipe. J’aimerais aussi continuer à améliorer la planification financière, notamment la gestion du cash-flow, afin de soutenir notre développement sans créer de pression inutile.
As-tu fait face à des enjeux ou des difficultés pendant ton parcours entrepreneurial? Et si oui, lesquel(le)s?
Quand on lance un nouveau projet, je trouve que le plus gros enjeu c’est le cash-flow. Comment jongler avec tout ça pour arriver à ne pas être dans le déficit ? C’était ça mon défi quand j’ai commencé Prod.G : il fallait que je sorte de ma poche directement toutes mes économies. C’est un investissement. J’ai eu également Créavenir qui m’a accompagné, j’ai suivi quelques formations également avec l’École des entrepreneurs du Québec.
Moi j’aime ça, les défis. Me faire dire non, je m’en fous. Je me mettais à aller cogner à d’autres portes. Je ne vois même pas ça négativement. J’en ai eu quelques-uns des « non », mais généralement quand je « pitchais » mes projets, que je parlais de mon expérience, j’ai rarement eu des refus. Quand j’appliquais pour des trucs financiers oui, mais personne ne m’a dit non pour mon projet.

Tu fais partie des lauréats régionaux du Défi OSEntreprendre. Félicitations! Pourquoi est-ce que c’était important pour toi d’y prendre part?
Ça a vraiment fait partie des réflexions du tout début, quand on a commencé Prod.G.
Le projet a beaucoup évolué depuis. Mais je pense que l’objectif pour lequel je vous avais approché à l’époque, c’est peut-être mon objectif dans deux ans maintenant, parce que je me suis rendu compte que ça prend plus de temps et d’argent. Mais c’est que je m’étais donné des défis! Un matin, je me suis réveillé et je me suis dit « moi je trouve ça plate, le cirque. Ça fait 20 ans que je fais ça. On est genre vieux jeu ; on est démodé pendant que tous les autres arts trouvent une façon de se moderniser. Je me suis dit comment doit-on faire ? »
Finalement, je me suis éduqué. J’avais envie de faire de la recherche, sur comment revisiter les appareils et les outils qu’on utilise dans le cirque par exemple ; comment on intègre l’intelligence artificielle au spectacle, etc. Dans un mode de recherche technologique. Mais là, j’ai frappé le mur de « je ne peux pas juste financer ça de ma poche par moi-même ».
Tout ce qui en est ressorti, c’est vraiment pertinent, mais je pense que je dois être plus patient. J’ai fait ça dans ma startup, mais en même temps je n’avais aucun financement public. Il a fallu que je revoie mon modèle d’affaires pour qu’éventuellement, je puisse aller chercher des outils pour me faire accompagner, autant financièrement qu’une expertise. Car c’est quand même une expertise que je suis en train de développer.
Dans le spectacle, là où j’en suis rendu, je suis en train de développer un autre partenariat avec le Lab 148. On cherche comment mettre en place des caméras pendant les spectacles pour que l’intelligence artificielle puisse lire les émotions des gens et que le spectacle s’adapte en fonction. Si je fais un gag et que ce n’est pas drôle, peut-être qu’il y a un truc qui se déclenche. C’est un peu ça que je suis en train d’explorer avec mes nouveaux produits.
En quelques mots, qu’est-ce que le Défi OSEntreprendre t’a apporté?
Ça m’a apporté une structuration. Ça m’a aussi donné de la reconnaissance. On ne se le cachera pas, j’étais bien content d’avoir le petit chèque aussi. Ça m’a redonné une motivation.
J’ai rencontré des gens formidables!
Qu’est-ce que tu dirais aux entrepreneur.e.s qui hésitent à participer au Défi OSEntreprendre?
Osez appliquer! (Rires)
De manière plus générale, as-tu un conseil ou un petit mot pour les entrepreneur.e.s en devenir?
Soyez créatifs.ves. La créativité c’est le mot que j’utilise toujours, je trouve que c’est vraiment pertinent dans mon monde à moi. On parlait tout à l’heure de « tu es un artiste », mais être créatif.ve, ce n’est pas juste être créatif.ve sur scène ou en arrière-scène. Il faut être créatif.ve dans ton modèle financier, dans les affaires, etc.
Je pense qu’être entrepreneur.e, c’est vraiment ça le nerf de la guerre. En fait, c’est de trouver des solutions à des défis qui sont devant nous. On est tous.tes des créatif.ve.s finalement, entrepreneur.e.s, parce qu’au jour le jour, tu trouves toujours des solutions.
Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter à toi pour cette année?
Confirmer tous les gros projets qui sont dans le pipeline en ce moment parce que si je réussis ça, je pense que 2026 va être une très belle année. Beaucoup de projets à l’international.

Date de publication :
Auteur :
École des entrepreneurs du Québec
Temps de lecture :
5 min
Catégorie :
Nouvelle