Enchantée, Raphaëlle! Faisons connaissance, qui es-tu ? 
Bonjour! Je suis Raphaëlle Hoarau, je suis entrepreneure et jeune maman de deux enfants de cinq et trois ans. 
Je vis à Montréal, et durant mon parcours, j’ai beaucoup travaillé dans le milieu de la finance. 
C’est lors de la naissance de mes enfants qu’est née l’idée entrepreneuriale…
 
Comment est née Produits Apetiti inc.? Peux-tu nous parler de son histoire et sa mission?
Produits Apetiti est née en 2020, l’année de la Covid et l’année de naissance de mon premier enfant. J’aime beaucoup bouger, même si c’était Covid ; je sortais, je marchais, je faisais de l’activité en poussette, en porte-bébé. 
J’aimais avoir des petites collations faciles à emporter, que mon fils pouvait manger sur le pouce. Quand on me parle de fruits et légumes, surtout pour les enfants, j’aime que ce soient des choses fraîches, naturelles. Je lisais beaucoup les listes d’ingrédients, et j’étais de plus en plus méfiante vis-à-vis des produits que je donnais à mon fils. Alors j’ai commencé à en faire moi-même. De là est née l’idée d’Apetiti. Ce sont des collations naturelles, santé, sans sucre, sans conservateurs et réfrigérées pour garder le côté frais des fruits et légumes.
Cela s’est fait en plusieurs étapes. Étant du milieu de la finance, je ne connais rien du tout à tout ce qui est agroalimentaire. J’ai donc commencé par les choses de base : le permis du MAPAQ, les formations en hygiène et salubrité, etc. Je me suis dit qu’on allait y aller par étapes, voir où ça m’emmène. Je me suis heurtée aussi à des enjeux comme connaître les valeurs nutritives, connaître le pH de mon produit… Il y avait beaucoup de notions que je ne maîtrisais pas. 
C’est là où je me suis dit que je n’y arriverais pas seule dans ma cuisine. J’ai choisi alors d’intégrer un incubateur et de me faire accompagner par un centre de recherche, le Centre de développement bioalimentaire du Québec. J’ai travaillé avec le centre de recherche puis le projet a pris forme. Je voulais vraiment suivre les règles, arriver avec un produit fiable, qui respecte les normes, qui était validé, contrôlé.
On arrive aujourd’hui avec une gamme de trois saveurs qu’on est en train d’élargir, qui est commercialisée depuis l’année dernière à une plus grande échelle dans les supermarchés Avril, certains IGA, bientôt certains Metro. On travaille fort, mon conjoint et moi, à essayer de nous faire connaître. Du coup, on a un peu les mains dans tout, à la fois dans les opérations, dans l’administratif, dans le marketing. Être entrepreneur, c’est toucher à tout.
La première grosse étape, celle d’arriver en épicerie, est faite. On est rendu.e.s dans cette phase de continuer à élargir notre gamme, à croître, à avoir de nouveaux points de vente, se faire connaître. Tous les défis d’une entreprise en démarrage. 
Pourquoi l’entrepreneuriat ?
Je dirais que ce n’est pas forcément l’entrepreneuriat qui est venu à moi ; c’est moi qui suis allée à l’entrepreneuriat. Je ne m’étais jamais dit qu’un jour, je serai entrepreneure, je lancerai une entreprise. C’est vraiment l’idée de donner de la nourriture saine pour les enfants qui m’a amenée vers ça. 
Aujourd’hui, c’est sûr que je te dirais que c’est plaisant de travailler pour soi, d’avoir une entreprise, une mission, des valeurs que l’on porte, des choix pour lesquels on opte et qu’on peut mettre en application soi-même. L’entrepreneuriat offre cette liberté-là. Ça fait partie des points positifs qui me font poursuivre là-dedans et notamment de pouvoir dire « mon produit arrive dans chaque foyer », ça a une vraie valeur ajoutée pour les gens; pour moi c’est beaucoup de reconnaissance et beaucoup de positif de me dire que finalement, les gens en avaient envie, en avaient besoin. Je réponds à un vrai besoin alors ça aussi c’est gratifiant.
 
Quelles sont tes forces comme entrepreneure? Et qu’est-ce que tu veux travailler?

Mes principales forces sont l’authenticité et la crédibilité. Je parle vrai. Apetiti est née d’un besoin réel de parent et ça se ressent. Cette authenticité crée un lien fort avec les consommateur.trice.s, les partenaires et les jurys. Ensuite je dirais ma capacité d’exécution et ma résilience. Je transforme rapidement une idée en action : R&D, tests, ajustements, concours, rencontres acheteurs… Je m’adapte vite, j’apprends vite et je ne lâche pas quand c’est plus complexe que prévu.

Puis pour mes axes d’amélioration, ce seraient la gestion du temps et des priorités. Avec la croissance d’Apetiti, l’enjeu n’est plus de faire plus, mais de faire ce qui compte le plus, au bon moment. Enfin, l’accélération commerciale et la négociation. Je veux encore renforcer mes réflexes de vente : négociation avec les bannières, lecture fine des marges, priorisation des opportunités à fort impact. » 

L’entrepreneuriat, ce n’est pas facile. C’est beaucoup de travail, c’est beaucoup de sacrifices. Mais si vous avez un projet en lequel vous croyez, n’hésitez pas et foncez! Seul.e, parfois, on peut rester bloqué.e.
Raphaëlle Hoarau
As-tu fait face à des enjeux et/ou difficultés durant ton parcours entrepreneurial, et si oui, lesquel(le)s? 
Je dirais que le principal enjeu pour moi, c’était le fait de ne pas connaître le secteur agroalimentaire. La difficulté c’était de trouver les bonnes personnes pour m’accompagner, me former. Le volet opération, agroalimentaire, c’est donc ce qui est peut-être plus compliqué. Toutefois, de tout apprendre à zéro, c’est enrichissant aussi ; je sais que mine de rien j’aurai appris tellement de choses que quoi qu’il arrive, c’est positif.
Le deuxième enjeu que j’ai, c’est trouver l’équilibre entre l’entreprise et ma la vie familiale. Ayant de jeunes enfants, c’est parfois difficile, car il y a souvent des aléas, des urgences à gérer. C’est beaucoup d’organisation. Je me dis parfois, « je consacre tellement de temps à cette entreprise, est-ce que je ne ferais pas mieux finalement de passer du temps avec mes enfants ? » Ça peut être parfois un peu déchirant, mais j’essaie de trouver un équilibre pour avoir du temps pour eux et du temps pour moi.
 
Tu as fait partie des lauréats régionaux du Défi OSEntreprendre. Félicitations! Pourquoi est-ce que c’était important pour toi d’y prendre part?
Je te dirais plusieurs choses. Effectivement, déjà, mon objectif était de pouvoir rencontrer des personnes qui, comme moi, ont lancé une entreprise. C’est important de pouvoir apprendre ensemble en tant que jeune entrepreneur, en plus de la possibilité aussi d’avoir des bourses financières.
Donc, en tant que jeune entrepreneure en démarrage, ça aide beaucoup justement de pouvoir avoir ce genre d’aide, ce genre de support. J’ai rencontré plein de personnes avec de belles entreprises, de belles idées.
De plus, le Défi OSEntreprendre a été une belle occasion d’avoir un peu de visibilité, et de faire connaître notre entreprise auprès du réseau d’entrepreneur.e.s montréalais.e.s, puis plus largement québécois.e.s.
 
En quelques mots, qu’est-ce que le Défi OSEntreprendre t’a apporté?   
Ça m’a apporté tout ce que j’ai mentionné juste avant, et ça m’a donné confiance en moi. On se dit que ce projet résonne auprès de plein d’autres personnes, donc ça a du sens, c’est cohérent. Ce sont aussi des encouragements pour nous entrepreneur.e.s, on ressort de là reboosté.e.s ; les gens croient en nous donc on croit en nous aussi. 
Qu’est-ce que tu dirais aux entrepreneur.e.s qui hésitent à participer au Défi OSEntreprendre? 
Clairement, n’hésitez pas! Il n’y a absolument rien à perdre. Le pire qui pourrait t’arriver, c’est de ne pas être sélectionné.e. Et alors ? (Rires!) Il n’y a absolument rien à perdre.
C’est un bel exercice, même n’étant pas sélectionné.e pour les étapes finales. Vous aurez l’opportunité de pitcher votre entreprise devant un jury, devant des professionnel.le.s. Quoi qu’il arrive, c’est gratifiant et c’est enrichissant. On ressort de là avec de la rétroaction. 
Ce sera l’occasion d’apprendre, de se tester, de sortir de sa zone de confort, de faire de belles rencontres et d’avoir de belles rétroactions.
Donc vraiment, n’hésitez pas, foncez, croyez en vous. Et les autres croiront en vous aussi.
 
De manière plus générale, as-tu un conseil ou un petit mot pour les entrepreneur.e.s en devenir? 
L’entrepreneuriat, ce n’est pas facile. C’est beaucoup de travail, c’est beaucoup de sacrifices. Mais si vous avez un projet en lequel vous croyez, n’hésitez pas et foncez! Seul.e, parfois, on peut rester bloqué.e. C’est important de se faire entourer par des réseaux comme le Défi OSEntreprendre, comme j’ai pu le faire avec l’incubateur. Souvent, les gens se disent « je n’ai pas parlé de mon projet, je ne veux pas qu’on me vole mon idée ». Mais en fait, non, il faut en parler, il faut avoir de la rétroaction, il faut tester son produit ou son service sur des personnes. 
C’est ce qui fera avancer votre projet. Donc, foncez, n’ayez pas peur d’en parler, n’ayez pas peur de partager vos idées, d’avoir de la rétroaction, de le prendre positivement.
 
Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter à toi pour cette année?
Je retomberais sur la notion de bon équilibre entre ma vie de famille et mon entreprise, et de continuer à faire croître l’entreprise; d’avoir de nouveaux points de vente, d’avoir de nouvelles saveurs dans nos gammes de produits.