Enchantée, Romain! Faisons connaissance, qui es-tu? 
Enchanté! Moi c’est Romain Goulette, le président cofondateur de la compagnie Rolly Foods. J’ai 32 ans et je viens de France, de Toulouse exactement. On a fondé avec ma blonde en 2020 la compagnie Alimentation Roli Foods. On est maintenant présents sur le marché québécois depuis à peu près 2 ans.

Comment est née Alimentation Roli? Peux-tu nous parler de son histoire et sa mission?
On a fondé l’entreprise en février 2024, mais on s’est réellement lancé.e.s sur le marché en août 2024, lors d’un concours organisé par les Aliments du Québec. L’idée était un peu de tester le marché, voir quel était le retour des consommateur.trice.s sur les produits. On s’est rendu compte que les retours étaient très bons. Les gens aimaient beaucoup les produits. Et donc on a pu travailler un peu jusqu’en novembre 2024, où l’on s’est réellement lancé sur le marché lors du Festival Vegan de Montréal. Là, on a eu un gros succès! On ne s’y attendait pas, les gens ont vraiment adoré les produits.
On s’était lancés avec deux produits végans et un produit qui ne l’était pas à l’époque. Ensuite, à partir de septembre 2025, on a décidé de rendre l’intégralité de notre gamme végan et sans allergène. On travaille sur des recettes qui sont bonnes et gourmandes, mais qui sont également inclusives.
Quand on dit inclusives et accessibles, ça va être vraiment sur le côté sans allergène, pour quasiment tous les régimes alimentaires, que ce soit végétarien ou végétalien et à un prix qui va être également accessible. On propose des sachets de 15 bouchées à un prix de 7,99 $. 
On a également lancé deux nouveaux produits en septembre 2025 qui sont des bouchées de légumes avec uniquement 60 calories pour quatre bouchées. On essaie vraiment d’aller sur des produits qui peuvent être mangés par tout le monde. On se rend compte, des dernières études qu’on a pu lire, qu’il y a un tiers des Québécois qui regardent les étiquettes quand ils font leur réhabilitation. Ils-elles ont soit des intolérances, soit des allergies, soit des restrictions alimentaires, ou bien ils-elles ont fait le choix d’avoir un légume alimentaire végétarien, végétalien ou autre. Donc on veut vraiment que les produits soient accessibles pour tout le monde. La liste d’ingrédients est extrêmement courte, et on n’utilise pas d’agents conservateurs et pas d’arômes artificiels. 
 
Pourquoi l’entrepreneuriat?
On a toujours eu envie de se lancer avec ma blonde. On a tous les deux un MBA en commerce et entrepreneuriat, donc on a toujours eu cette idée de le faire. Quand on est arrivés il y a quelques années au Québec et plus particulièrement en Montréal, on a senti qu’il y avait vraiment un tissu entrepreneurial très fort. On a senti qu’on pourrait être accompagnés et qu’il y avait des possibilités, avec beaucoup de success stories.
On a senti qu’on aurait une possibilité de présenter les produits, que les consommateur.trice.s seraient attentifs, que d’avoir un produit qui est fabriqué à Montréal, certifié aliment préparé au Québec, ça allait forcément avoir un impact, avoir un petit plus. Donc on s’est sentis capables de se lancer dans l’entrepreneuriat ici et c’est ce qui fait qu’on a décidé de faire le pas. 
On a toujours eu envie de se lancer avec ma blonde. |…| Quand on est arrivés il y a quelques années au Québec et plus particulièrement en Montréal, on a senti qu’il y avait vraiment un tissu entrepreneurial très fort. On a senti qu’on pourrait être accompagnés et qu’il y avait des possibilités, avec beaucoup de success stories.
Romain Goulette
As-tu fait face à des enjeux et/ou difficultés durant ton parcours entrepreneurial, et si oui, lesquel(le)s? 
Oui, j’ai fait face à beaucoup de difficultés. La première, ça va être au niveau de la notoriété. Il faut que les consommateur.trice.s nous connaissent, qu’ils entendent parler de nous. Il faut également que les gens goûtent à nos produits. On voit que les plus gros succès qu’on a, c’est lorsqu’on participe au Festival végane de Montréal, à l’Expo Manger Santé de Montréal ou de Québec.
Le fait que les gens puissent venir et qu’ils goûtent à nos produits, c’est vraiment incroyable ; les retours sont très positifs. Mais nous avons encore du chemin à faire ; il faut que le bouche-à-oreille se fasse petit à petit. Il faut qu’on arrive à s’implanter dans les tablettes des épiceries. C’est une autre difficulté, notamment discuter avec les bannières.
Donc, c’est un chemin avec pas mal d’embûches, mais on y arrive petit à petit. Marche par marche. On est notamment accompagnés par le Carrefour de l’Industrie Bioalimentaire de l’île de Montréal (CIBÎM), et on essaie de faire un maximum de communication.
On essaie de tisser des partenariats avec des influenceur.se.s, notamment sur Instagram. Toutefois, avoir des fonds pour = pouvoir financer toute la communication digitale qu’on essaie de faire est un enjeu en soi. Chaque partenariat avec un influenceur ou une influenceuse va avoir un coût différent, mais ça va forcément impacter la rentabilité de l’entreprise, même si on sait qu’on en a absolument besoin pour se faire connaître. Ce sont vraiment des enjeux où il faut arriver à trouver le juste milieu entre le besoin de se faire connaître et ne pas brûler tous les fonds dans de la communication.
 
Vous avez fait partie des lauréats régionaux du Défi OSEntreprendre. Félicitations! Pourquoi est-ce que c’était important pour vous d’y prendre part?
C’était important parce qu’on en avait entendu parler via des connaissances, via d’autres entrepreneur.e.s qui avaient pu participer, et qui nous avaient recommandé d’y participer en nous disant que c’était une belle expérience. Et ça a vraiment été une belle expérience.
Ça nous a permis d’avoir un petit peu de réseau, de pouvoir discuter avec d’autres entrepreneur.e.s. Ça nous a également permis de participer à des formations grâce à Sandra Gelinas, Responsable régionale du Défi OSEntreprendre Montréal, qui nous a conseillé d’autres points, d’autres organismes qui étaient quand même assez intéressants. 
 
En quelques mots, qu’est-ce que le Défi OSEntreprendre vous a apporté?   
Pour nous, en plus des éléments que j’ai cités précédemment, le point le plus important ça a été la bourse. Ça nous a permis de financer d’autres activités et surtout la communication pour nous faire connaître. C’était très intéressant de pouvoir participer non seulement en ce qui concerne les ressources que ça a pu nous permettre d’avoir, mais surtout vis-à-vis du fait de recevoir une bourse.
Qu’est-ce que tu dirais aux entrepreneur.e.s qui hésitent à participer au Défi OSEntreprendre? 
Mais qu’il ne faut pas hésiter! (Rires). C’est gratuit, il n’y a aucun engagement. Il faut simplement remplir un formulaire et donner quelques informations.
Le cheminement du Défi permet de structurer le projet même si c’est un projet qui est encore au tout début. Les informations et les quelques réponses qu’on donne pour participer permettent de se projeter et de structurer le projet qu’on a, et d’identifier les points clés sur lesquels on n’arriverait pas à répondre. Je pense qu’il ne faut pas hésiter dans tous les cas.
Il faut participer, ça ne coûte rien. Nous, on a gagné la bourse régionale, et on a gagné en visibilité. Pour une entreprise qui a vraiment lancé son activité, qui est dans ses premiers mois comme on était à l’époque, qui a déjà fait un petit peu de chiffre d’affaires, qui sait où elle va ; il n’y a aucune hésitation à avoir. Il faut vraiment déposer votre dossier.
 
De manière plus générale, as-tu un conseil ou un petit mot pour les entrepreneur.e.s en devenir? 
Premièrement, il faut prendre le temps de faire une étude de marché, de voir le besoin de financement dont vous avez besoin, de vous renseigner en termes de subventions, ce qu’il est possible de faire.
Et puis après, se lancer, si tous les feux sont au vert ; ne pas hésiter. D’ailleurs, une des premières choses qu’on a faites quand on a créé l’entreprise, c’est qu’on a trouvé un mentor. C’était vraiment pour nous la décision numéro un à prendre. Venant de France, et se lançant dans le monde agroalimentaire, on avait besoin d’être accompagnés. Donc, on a trouvé une personne qui était experte dans ce domaine-là, qui avait monté sa compagnie il y a plusieurs années et qui a accepté de nous accompagner. On a pu discuter avec lui, lui présenter le projet ; il a pu nous faire quelques retours. 
Je pense donc que c’est très important de ne pas hésiter à se lancer, de trouver une personne qui est dans le même secteur d’activité qu’on voudrait être, de la contacter, et d’y aller au culot comme on a pu le faire. Il faut être capable de lui dire « on aimerait bien vous présenter ce projet-là, on aimerait bien que vous puissiez nous accompagner ». Travailler avec lui ou elle sur une façon dont il-elle pourrait nous accompagner qui ne prendrait pas trop de temps à cette personne-là, et que ce soit gagnant-gagnant bien sûr.
 
Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter à vous deux pour cette année?
Beaucoup de réussite, on continue notre développement sur le marché du détail, avec de bonnes nouvelles qui arrivent dans les prochaines semaines, prochains mois, notamment de nouveaux partenariats. On se développe bien, il y a de très bonnes nouvelles sur le marché du détail. 
On espère également pouvoir se lancer sur ce marché-là ; maintenant que tous nos produits sont végétaux et sans allergènes, ils sont d’autant plus prometteurs et pertinents sur ce type de marchés. On espère avoir un bon lancement en février-mars 2026!