Lysanne et Pierre-Olivier, un couple engagé dans la vie et en affaires

Le couple a lancé Pretty Ugly, une entreprise basée sur l’économie circulaire, peu après leur sortie de l’université. C’est l’une des entreprises coups de cœur découvertes cette année par notre équipe de communications.

Comment est née Pretty Ugly?  

Pierre-Olivier : L’idée est arrivée assez naïvement. Nous avons toujours été attirés par le milieu de la restauration, on s’est d’ailleurs rencontrés dans un restaurant où l’on travaillait. Je pensais à démarrer un café… je faisais des plans d’affaires. Mais un jour, j’ai lu que la tomate était le légume le plus gaspillé au monde : rien qu’au Canada, c’est 1,1 million de tomates jetées chaque jour.  

Lysanne : Ça été un moment d’illumination! Cette statistique était trop frappante pour ne rien faire. On est du monde de party et on a cœur l’environnement. On s’est dit qu’est-ce qu’on fait? De la salsa : y’en a dans tous les partys

Y a-t-il eu un partenariat plus déterminant pour vous ? 

Notre partenariat avec IGA a été crucial dès notre première année. 

Pierre-Olivier : Nous faisions des tests de marché dans une dizaine de magasins et au marché Jean-Talon pour vérifier si les gens aimaient le produit. Trois mois plus tard, IGA nous a appelés pour nous rendre disponibles dans leurs 300 magasins à travers le Québec. 

Lysanne : Cela nous a prouvé que l’économie circulaire pouvait fonctionner à grande échelle et ne pas rester un produit de niche. 

Comment avez-vous trouvé vos partenaires pour vous fournir en aliments?

Lysanne : Nous sommes allés cogner aux portes des distributeurs et des producteurs dans les champs : il y avait des surplus ou des produits rejetés.  Le gaspillage est une problématique majeure pour eux, donc la réponse a été rapide, notamment avec des partenaires. 

Pierre-Olivier : Les partenaires acceptent de travailler avec nous parce que nous les aidons à éponger leurs pertes en payant pour leurs surplus. C’est avantageux pour eux car cela leur évite de payer des frais pour envoyer ces matières résiduelles dans des sites d’enfouissement. 

Lysanne : Il faut montrer qu’il y a de la valeur en économie circulaire. C’est pour cela qu’on tient vraiment à payer nos fournisseurs, et non fonctionner en forme de don. C’est gagnant pour tout le monde. 

Comment avez-vous développé votre produit de chips? 

Pierre-Olivier : Ça été un peu compliqué. Il a fallu un an et demi pour trouver un partenaire acceptant de produire des croustilles à base d’ingrédients revalorisés. Nous avons commencé avec du drèche de bière, mais cela posait des problèmes pour le sans-gluten. 

Lysanne : C’était le commentaire le plus fréquent des clients. Nous avons donc cherché une alternative et avons trouvé l’avoine revalorisée. 

Pierre-Olivier : Nous utilisons la farine d’avoine d’une compagnie qui récupère des rejets de moulins. Cela donne un côté croquant tout en apportant plus de fibres et de protéines. 

Lysanne : L’économie circulaire demande plus de démarches pour l’intégrer dans une chaîne de production au début, mais une fois lancé, le processus reste le même. 

Communiquez-vous beaucoup sur l’aspect économie circulaire sur vos emballages ? 

Pierre-Olivier : Au début, nous le mettions très en avant, mais nous avons ajusté notre approche. Sur la tablette, le client a peu de temps, donc nous misons d’abord sur la qualité du produit. C’est surtout un levier pour nous démarquer des gros joueurs auprès des acheteurs des bannières. 

Lysanne : On a investi dans un branding fort pour éviter que l’économie circulaire soit perçue comme un produit de sous-qualité ou réservé aux activistes. L’information sur notre mission est disponible à l’arrière de l’emballage ou sur nos réseaux sociaux. 

Intéressé.e par l'économie circulaire?

Un conseil aux entrepreneur.e.s en démarrage?

Il ne faut pas avoir peur de poser des questions à d'autres entreprises, car le milieu de l'économie circulaire est comme une famille où tout le monde s'entraide.

Allez chercher de l'aide dans les organismes de l’écosystème. Nous avons été accompagnés dans une cohorte. Cela nous a permis de travailler notre structure de prix, car nous ne connaissions pas bien les marges dans notre secteur.

QUESTION INDISCRÈTE…

Comment vivez-vous le fait d’être un couple en affaire ? 

Pierre-Olivier : C’est une chance pour nous. On travaille ensemble depuis 10 ans, on s’est connus en restauration et on sait qu’on gère bien la pression ensemble. 

Lysanne : On se comprend sans avoir besoin de mots après une grosse journée. Même s’il est difficile de séparer la vie privée de l’entreprise car Pretty Ugly est une extension de nous-mêmes, on adore ce qu’on fait. 

Pierre-Olivier : C’est un sprint constant, un marathon qu’il faut courir vite, donc il est important d’avoir un partenaire de confiance.