Sudhir Suri : se sentir chez soi en entrepreneuriat | ÉEQ

Se sentir chez soi en entrepreneuriat : le parcours de Sudhir Suri

Sudhir Suri a suivi de nombreuses routes avant de devenir architecte. Il rentre tard dans la profession, après avoir parcouru plusieurs années d’études dans des sujets bien différents comme la philosophie et la physique. Cependant, avec l’architecture, il découvre finalement une discipline qui lui correspond et dans laquelle il se sent à l’aise.

 

« Quand j’ai trouvé l’architecture, je me suis senti chez moi. »
Ce qui attire le plus Sudhir dans sa profession, c’est la possibilité de percevoir un projet à une échelle complexe et exhaustive, c’est à dire en ayant une vue sur l’ensemble du processus de création. Une façon de fonctionner qu’il adore et qu’il possède les capacités d’appliquer. Très rapidement, son implication dans son domaine devient presque personnelle.

 

« Je suis autant mon métier que je suis moi-même, cela fait partie de ma personne. »
En 2003, l’architecte rentre à l’OEUF et s’y intègre facilement. Ce qu’il découvre alors, c’est une organisation avec une approche de sa discipline très similaire à la sienne. Rapidement, il s’y sent à l’aise. À l’OEUF, il sait qu’il se lève chaque matin pour faire ce qu’il aime et ce en quoi il croit.

Leur créneau : le développement durable. Si les employés s’impliquent dans de nombreux projets différents, le fil conducteur reste le même depuis les débuts de l’entreprise : l’implication sociale. De cette façon, non seulement le processus de création et les méthodes employées correspondent à la vision de Sudhir, mais également, il est sûr que ce qu’il fait est important pour la communauté. Pour lui, ce sont de bonnes raisons pour avoir envie d’aller travailler tous les jours avec la même motivation.

 

SUR L’INNOVATION

« Une partie du travail avec l’innovation se fait par la recherche externe, on voit ce qu’il se passe dans le monde, et il faut constamment avoir la tête hors du sol. Mais la grande partie de notre travail, c’est d’innover nous-mêmes. Nous, on a choisi d’innover du côté humain. »

Parmi les projets qui ont marqué l’architecte, celui de Petite rivière, situé à Lachine, avait été pensé de façon à être le plus durable possible. Selon lui, le processus était impeccable et tous les volets du développement durable avaient été inclus dans la vision. L’équipe a notamment pu toucher à de nombreuses innovations. Pour lui, c’est l’une des meilleures expériences de sa vie. Pourtant, le projet, qui a remporté de nombreux concours, n’a jamais été concrétisé, faute d’appui de la part de la communauté. Sudhir pense que son métier n’est pas toujours bien compris par le grand public et les clients. Or, c’est aussi grâce à eux que les architectes peuvent réaliser des créations qui correspondent à la fois à la vision de la communauté et la vision de la firme.

 

« Presque n’importe quel projet peut être exceptionnel, il faut juste avoir la bonne équipe, et un client qui est prêt à nous suivre et aussi à faire preuve son leadership. C’est un travail de concertation avec beaucoup de personnes autour d’un projet.»

À l’OEUF, qui a fêté en 2017 son 25ème anniversaire, chacun des employés possède une expertise qui vient améliorer la connaissance globale de l’entreprise, et chacune des expertises est reconnue par l’ensemble des membres de l’équipe. Sudhir appelle cela une vision 360. Grâce à elle, l’entreprise fonctionne comme un système, où toutes les parties sont également importantes et participent à son fonctionnement.

 

« Si tout le monde ici à une chose en commun, c’est qu’on aime et valorise le travail des autres ainsi que le travail de collaboration. Même si on approche le projet du côté de notre expertise, on arrive quand même à voir l’ensemble. »
Cette vision et cette manière de fonctionner unique, l’associé travaille à la conserver. Pourtant, ce n’est pas toujours une tâche aisée. Entre 2008 et 2012 notamment, la crise économique a eu un fort impact sur la firme.

 

« On a perdu la moitié de notre équipe. »
Or, dans un système ou chaque membre apporte sa roue à l’engrenage, chaque perte est un coup dur sur son bon fonctionnement, et parvenir à trouver un nouveau membre qui s’y insère parfaitement demande un grand effort.

 

« Nous sommes tous des individus avec des compétences poussées, intéressantes, uniques et authentiques. Notre façon de travailler ensemble se passe dans le respect et ça nous permet de nous balancer. Il n’y a pas de grand vide, on se complète très bien. »  En 2014, l’équipe de l’OEUF se rend compte de l’importance d’apprendre des grandes entreprises pour gérer ces situations de crises. L’architecte prend alors sur ses épaules une bonne partie de cette charge, et enchaîne les formations ainsi que son apprentissage personnel sur les méthodes d’entrepreneuriat. En 2017, il va chercher une dernière formation au Parcours C3 pour finalement appliquer ses nouvelles connaissances.

 

« On avait déjà en tête la terminologie entrepreneuriale. On la comprenait, mais il nous restait encore du chemin à faire : on saisissait mal comment la mettre en oeuvre. » Sudhir se rend compte du travail qui doit être mis sur la structure de sa firme, compte tenu de son modèle singulier. Il sépare notamment les rôles de gestion avec les associés et améliore les processus pour faire concilier le temps donné au côté créatif vs le côté technique. Aujourd’hui, l’équipe est «remontée à pleine force», et si l’architecte anticipe les futurs défis, il sait qu’il est à présent outillé pour leur faire face.

 

Malgré les périodes difficiles, Sudhir reste un passionné. Il conserve sa motivation à poursuivre son aventure, et à apprendre encore sur les rôles d’un entrepreneur créatif. Cette résilience provient d’une certitude : il ne peut plus se passer du sentiment de créer quelque chose d’unique que lui confère son métier.

 

« Il n’y a rien qui enlèvera cette partie de moi-même, donc peut importe le défis, je vais continuer l’architecture, parce que c’est qui je suis. »